jeudi, 17 janvier 2008

TOI QUI ES EN MOI...

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Toi qui es en moi et que je ne sais comment nommer,
Toi qui m'enveloppes de tendresse et de silence,
Toi qui habites en chacun même le plus abilé
ou le plus ignoble !
Quand je me sens faible ou démuni,
Que je me rapelle ta présence !
Quand j'en ai plein le dos,
Apprends-moi à partager ce qui me pèse !
Quand mes jambes sont lourdes,
apprends-moi à m'arrêter et alléger la monture !
Quabd la digestion est difficile,
apprends-moi à mâcher et savourer le quotidien !
Quand je suis pris aux antrailles,
apprends-moi à nommer  et généreux gérer mes émotions !
Quand la tête me fait mal,
libère on esprit de la crainte et de l'angoisse !
Quand mon coeur saigne,
place sur mon chemin un message de l'espoir !
Quand mon corps sera meurtri ou blessé,*ravive en moi l'amour et la foi !
Et quand les forces m'abandonnent,
Que je sache me reposer en toi !



André FRAVREAUX

 

mercredi, 16 janvier 2008

DIEU A BESOIN DE NOUS

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Le Christ n'a pas d'autre corps sur terre que le vôtre,
pas d'autres mains que les vôtres,
pas d'autres peids que les vôtres.
Vos yeux sont les yeux à travers lesquels
la compassion du Christ regardera le monde.
Vos pieds sont les pieds
qu'il utilisera pour faire le bien.
Vos mains sont les mains
avec lesquels il bénira aujourd'hui.



Sainte Thérèse d'Avila

PRIER

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Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Discours sur le psaume 85, CCL 30, 1176

« Dans un endroit désert, il priait »


      Dieu n'aurait pas pu faire aux hommes un plus grand don que son Verbe, sa Parole, par qui il a créé toutes choses. Il l'a fait leur chef, c'est-à-dire leur tête, et d'eux il fait ses membres (Ep 5,23.30), pour que lui il soit à la fois Fils de Dieu et Fils de l'homme : un seul Dieu avec le Père, un seul homme avec les hommes. Il nous a fait ce don pour qu'en parlant à Dieu dans la prière nous ne séparions pas de lui son Fils, et pour qu'en priant, le corps du Fils ne se sépare pas de son chef -- pour que ce soit l'unique sauveur de son corps, notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, qui en même temps prie pour nous, prie en nous et est prié par nous.

      Il prie pour nous comme notre prêtre, il prie en nous comme notre chef, la tête du corps, il est prié par nous comme notre Dieu. Reconnaissons donc nos paroles en lui et ses paroles en nous... Il n'a pas hésité à s'unir à nous. Toute la création lui est assujettie parce que toute la création a été faite par lui : « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Par lui, tout s'est fait et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui » (Jn 1,1s)... Mais par la suite, si dans les Ecritures nous entendons la voix du même Christ gémissant, priant, confessant, n'hésitons pas à lui attribuer ces paroles. Que nous contemplions celui « qui était dans la condition de Dieu » prendre « la condition de serviteur, se faire semblable aux hommes et s'abaisser, en devenant obéissant jusqu'à mourir » (Ph 2,6s). Que nous l'entendions, suspendu sur la croix, faire sienne la prière d'un psaume... Nous prions le Christ donc dans sa condition de Dieu, et lui il prie dans sa condition de serviteur ; d'un côté, le Créateur, de l'autre, un homme uni à la création, formant un seul homme avec nous -- la tête et le corps. Nous le prions donc, et nous prions par lui et en lui.



mardi, 15 janvier 2008

EXPULSION D'UN DÉMON

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Pourquoi craindre le démon ?.

Jésus domine le démon et lui parle en Maître.
Jésus lui commande
et il obéit.
Pourquoi tant le craindre ?

"Il y avait dans la synagogue de Capharnaüm,
un homme possédé d’un esprit mauvais
qui se mit à crier :

Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu !"

(Mc 1, 23-24)

Il faut savoir de quel respect le Nom divin était entouré chez les juifs,
pour comprendre l'émoi suscité dans l'assistance,
par cette scène inattendue.

Même au Temple,
on ne prononçait le Nom divin qu'à voix basse
et ce possédé hurlait le Nom Divin.
C'était la consternation,
l'effroi le plus complet
dans la synagogue de Capharnaüm.

Aussi Jésus,
en faisant taire le possédé
voulut-il en premier lieu
rétablir l'ordre.


"Jésus l’interpella vivement:
Silence ! Sors de cet homme !

L’esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui,
en poussant un grand cri."
(Mc. 1, 25-26).


Le démon a donc percé
la vraie personnalité de Jésus.
Il connaît l'opposition radicale qui existe entre eux deux.

Jésus n'est venu que pour le perdre
et lui arracher son empire sur le monde.

Le démon le craint.
Jésus lui parle avec autorité.
Il le chasse comme un chien qui courbe l'échine sous le bâton
et que l'on renvoie à sa niche.

"Silence, sors de cet homme !"

Il ne lui permet pas de nuire en sa présence.

" L’esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui,
en poussant un grand cri."
(Mc 1, 26).


Que l'on est loin de la crainte ridicule
qu'inspirent à des chrétiens, les soi-disant agissements du démon
qui , bien souvent, ne sont que pures chimères,
comme les jeteurs de sort.

Baptisés,
nous sommes libres face au démon.

L'empire du démon croule devant le Fort,
armé de la toute puissante tendresse de Dieu.
Jésus vient nous libérer
de toutes autorités abusives,
de celles des hommes comme de celles des démons.

Devant Lui,
recule l'esprit impur
qui détruit l'homme en le réduisant à ses instincts.
C'est le sens de la réflexion des gens de notre époque,
devant son action si efficace face au démon :


"Tous s’interrogeaient : Qu’est-ce que cela veut dire?
Il commande même aux esprits mauvais,
et ils obéissent."
(Mc 1, 27).

 

Es-tu venu pour nous perdre ?

Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de Marc, 2 ; PLS 2, 125s (trad. DDB 1986, p. 47)

« Es-tu venu pour nous perdre ? »


      « Il y avait dans leur synagogue un homme, tourmenté par un esprit mauvais ». Cet esprit ne pouvait pas supporter la présence du Seigneur ; il s'agissait de cet esprit impur qui avait conduit tous les hommes à l'idolâtrie... « Quelle entente entre le Christ et Satan ? » (2Co 6,15) ; le Christ et Satan ne pouvaient pas être associés l'un à l'autre. « Il cria en disant : ' Que nous veux-tu ? ' » Celui qui s'exclame ainsi est un individu qui s'exprime au nom de plusieurs personnes ; cela prouve qu'il a conscience d'avoir été vaincu, lui et les siens.

      « Il cria en disant...: ' Que nous veux-tu, Jésus le Nazaréen ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu ' ». En plein tourment et malgré l'intensité des souffrances qui le font crier, il n'a pas abandonné son hypocrisie. Il est contraint de dire la vérité, la souffrance le presse, mais la malice l'empêche de dire toute la vérité : « Que nous veux-tu, Jésus le Nazaréen ? » Pourquoi ne reconnais-tu pas le Fils de Dieu ? Est-ce le Nazaréen qui te torture, et non pas le Fils de Dieu ?...

      Moïse n'était-il pas un saint de Dieu ? Et Isaïe et Jérémie n'ont-ils pas été des saints de Dieu ?... Pourquoi ne leur dis-tu pas : « Je sais qui tu es, saint de Dieu » ?... Ne dis pas « Saint de Dieu » mais « Dieu Saint ». Tu t'imagines que tu sais, mais tu ne sais pas ; ou si tu sais, tu te tais par duplicité. Car il n'est pas seulement le Saint de Dieu, mais Dieu Saint.

TENDEZ LA MAIN

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Donnez-lui un peu d'espoir
En lui tendant la main
De l'eau, du blé, c'est du pain
Pour apaiser sa faim
Donnez-lui un simple puits
Pour irriguer sa vie
La charrue pour tracer son chemin
Oui tendez-lui la main

Ouvrez son univers
En lui tendant la main
Du bois, du fer, presque rien
Pour bâtir son destin
Donnez-lui un simple outil
Pour édifier sa vie
Le courage de franchir le ravin
Oui tendez-lui la main

Montrez-lui la liberté
En lui tendant la main
D'une guitare et d'un refrain
Pour chanter les matins
Donnez-lui un peu d'amour
Pour moissonner ses jours
Le savoir pour initier les siens
Oui tendez-lui la main.
HUGUES AUFFRAY

lundi, 14 janvier 2008

LE REGARD DE JESUS

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L'appel des apôtres,
Pierre, André, Jacques et Jean
.

Je livre à votre méditation quelques brèves notations relevées
sur le regard de Jésus,

"Il vit
Simon et son frère André "
(Mc 1, 16).

Il les vit... Il les a vus, Il les a jaugés.

C'est Lui qui les appelle :

"Venez derrière moi et je ferai de vous
des pêcheurs d'hommes"
(Mt c, 17).


"Un peu plus loin,
Jésus vit
Jacques, fils de Zébédée,
et son frère Jean ".
(Mc 1, 19).

Quelle puissance et quelle amitié
dans son regard,
dans sa voix,
puisque ces rudes marins abandonnent tout
pour Le suivre !

"Et eux, aussitôt, laissant là leurs filets et leur père, le suivirent".
(Mt 4, 19).

Quatre hommes mûrs, et des rudes parmi les rudes,
des pêcheurs,
quittent tout pour Le suivre.

Ce tout c'était :
une famille, un métier,
un horizon familier
et des rames usées qui leurs tenaient si bien aux mains !...

 

 

Les temps sont accomplis... Venez derrière moi »

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Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Edith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, co-patronne de l'Europe
Das Weihnachtsgeheimnis (trad. La Crèche et la croix, Ad Solem 1995, p. 35)



      L'enfant de la crèche est le Roi des rois, celui qui règne sur la vie et la mort. Il dit : « Suis-moi », et qui n'est pas pour lui est contre lui (Lc 11,23). Il le dit aussi pour nous et nous place devant le choix entre lumière et ténèbres. Nous ignorons où l'Enfant divin veut nous conduire sur cette terre, et nous n'avons pas à le demander avant le temps. Tout ce que nous savons, c'est que pour ceux qui aiment le Seigneur toute chose aboutit au bien (Rm 8,28), et que les chemins tracés par le Seigneur mènent au-delà de cette terre.

      En prenant un corps, le Créateur du genre humain nous offre sa divinité. Dieu s'est fait homme pour que les hommes puissent devenir fils de Dieu. « O admirable échange ! » C'est pour cette oeuvre que le Sauveur est venu dans le monde. Un d'entre nous avait rompu le lien de notre filiation à Dieu ; l'un d'entre nous devait le renouer et expier la faute. Aucun rejeton de la vieille souche, malade et dégénérée, n'aurait pu le faire ; il fallait que sur ce tronc soit greffé un plant nouveau, sain et noble. Il est ainsi devenu l'un de nous et en même temps plus que cela : un avec nous. C'est bien là ce qu'il y a de merveilleux dans le genre humain : que nous soyons tous un... Il est venu pour former avec nous un corps mystérieux : lui le Chef, la tête, et nous ses membres (Ep 5,23.30).

      Si nous acceptons de mettre nos mains dans celles de l'Enfant divin, si nous répondons « Oui » à son « Suis-moi », alors nous sommes siens et la voie est libre pour que passe en nous sa vie divine. Tel est le commencement de la vie éternelle en nous. Ce n'est pas encore la vision béatifique dans la lumière de gloire, c'est encore l'obscurité de la foi ; mais ce n'est plus l'obscurité de ce monde -- c'est être déjà dans le Royaume de Dieu.