« LA FAMILLE REMEDE A LA VIOLENCE | Page d'accueil | LA TRANSFIGURATION »

jeudi, 14 février 2008

LA FAMILLE, REMEDE A LA VIOLENCE

2907982e092e844b8c38421d3ef813d2.jpg

 

 

 

 

 

La famille au service des personnes qui la composent
La famille, réalité naturelle sanctifiée par Dieu, est mise par le Créateur au service des personnes qui la composent. En christianisme, ce qui est premier c'est toujours la personne, et non le groupe,, ni la société, ni la collectivité, ni la communauté. "La personne humaine, qui de par sa nature, a absolument besoin d'un vie sociale, est et doit être le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions." (Lumen Gentium n°25) C'est ce qui apparaît dans la Sainte Famille de Jésus. Dans la liturgie chrétienne, où l'on ne fête pas les idées, ni la charité, ni la justice, ni l'humanité, il n'y a pas de fête liturgique de la famille. Mais nous fêtons la Sainte Famille de Jésus. Ce que nous fêtons C'est la réalité de cette famille vraiment sainte au coeur de laquelle Dieu est présent en la personne de Jésus, une famille où chaque personne tient une place éminente  au service des autres ; une famille qui apparaît comme une école d'obéissance car chacun désire faire la volonté de Dieu ; un foyer d'amour au service d'une mission divine : donner au monde un rédempteur. La Sainte Famille est à imiter non comme modèle sociologique, mais pour ce qu'elle est vraiment : une église domestique (ecclesiola) selon le concile Vatican II. être un Église domestique telle est la vocation de chaque famille. Or  aujourd'hui, la famille est malmenée. On lui fait violence en la dénigrant, en niant sa réalité, en instaurant des lois qui la mettent à mal, en ne faisant rien pour la soutenir et pour aider les parents à assumer leur mission.
La personne est sacrée.
La famille n'est pas un collectif d'individus mais une communion de personnes. Ce qui est premier, c'est la personne, non l'individu. Il faut se démarquer résolument de cet individualisme qui pollue les mentalités, tend à rendre impossible la vie en société,   et dans lequel l'individu revendique une valeur absolue pour lui-même. La personne, au contraire, est toujours un être en relation à d'autres personnes. La famille n'est pas une juxtaposition d'individus qui se tapent dessus pour se faire une place, mais des personnes qui tendent à vivre en communion. Le pape Jean Paul II n'a cessé de le répéter : dans la naissance de toute personne humaine, Dieu intervient. Dieu veut chaque homme. Il ne fait pas de tri, comme nous sommes invités à le faire aujourd'hui, entre les réussis qu'il faut garder et les ratés qu'il faut jeter à la poubelle, les désirables et les indésirables. Dieu veut l'homme pour lui-même.Être homme est sa vocation fondamentale, écrivait Jean Paul II dans sa lettre aux familles de 1994. Pour faire face à la violence, il faut se souvenir de cette première conviction. La personne a une valeur inaliénable. Elle vaut mieux que toutes les lois. Elle est sacrée et sa vocation est de devenir sainte, c'est à dire comme Dieu.
La personne est menacée
Le grand et beau projet de Dieu se heurte au péché. La famille, comme la personne, est menacée par le Tentateur. Le Satan sème la zizanie dans le champ dans lequel le Maître n'avait semé que du bon grain. Il veut diviser pour opposer, pour rendre ennemis, pour instaurer les différends entre les semblable. Il suscite la violence en instaurant la règle de la lutte dans tous les domaines : lutte des classes, lutte des sexes, lutte des générations etc... C'est là que la violence prend racine. Elle est rampante. Elle vient s'insinuer dans le coeur de l'homme comme le serpent du jardin d'Eden. Il ne vient de nulle part, mais il s'insinue dans le coeur libre de l'homme, il lui fait du charme, il se montre sous un jour avenant et finalement il le prend dan un piège dont il ne peut s'échapper. Dès le début de la Révélation dans l'épisode de Caïn et Abel, qui n'est pas un récit historique, nous est donné une méditation théologique sur la violence au coeur de la relation fraternelle. La jalousie, la maladie de la comparaison s'insinue dans le coeur de Caïn. Il pense résoudre son problème en faisant violence à son frère. Il l'élimine. La bête tapie dans son coeur a été plus forte que lui !  Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ? Mais si tu es  bien disposé ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n'es pas bien disposé, le péché n'est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite ? Pourras-tu la dominer ? (Genèse 4,7)
C'est là qu'il les vivra et là qu'il apprendra, ou non, à les gérer. C'est donc là qu'il doit apprendre à contrecarrer  les inévitables assauts de la violence. C'est un problème aussi vieux que l'homme. Au-delà des formes actuelles que prend cette violence, il y a là un problème récurrent. Tant que nous serons pas dans le Royaume nous serons soumis aux violents et aux violences. La famille nous apparait justement comme le lieu que le Seigneur nous donne pour faire face à cette violence. Que faire pour que notre famille, celle dont nous avons la charge, ce petit morceau du Royaume de Dieu qui nous est confié, soit un bastion contre l'invasion de cette mauvaise herbe qu'est la violence, cette zizanie ou ivraie ?    (à suivre)
Frère Alain QUILICI o.p.

 

 

 

Ecrire un commentaire