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mardi, 19 février 2008
LA FAMILLE REMEDE A LA VIOLENCE
La famille lieu de pardon.
"Qui sème le vent récolte la tempête." Comment sortir de cet engrenage ? Pour que la famille soit un antidote à la violence, il faut se rappeler qu'elle est par excellence le lieu du pardon. On sait l'importance que le Seigneur attache au pardon, Il nous demande de pardonner "soixante-dix fois sept fois."
Le pardon est l'antidote de la violence. La violence engendre la violence, la loi de la vendetta est partout. 'Oeil pour oeil, dent pour dent." La violence conduit à la vengeance et la vengeance entraîne dans un cycle infernal qui n'a pas de fin. On n'en sort que par le pardon. Sur la croix, Jésus pardonne ou plutôt il demande à son Père de pardonner. Mais dans les relations familiales, la référence est plutôt la parabole du Père qui avait deux fils dont l'un quitte la maison et l'autre y reste. L'attitude du père de la parabole nous est proposée comme modèle. Nous sommes en effet toujours dans la situation d'avoir à pardonner ou d'avoir à demander pardon, offensés ou offenseurs. Comment en sortir ? Si nous étendons notre regard aux dimensions du monde, nous voyons bien que la seule solution aux plus terribles conflits d'aujourd'hui - cette escalade de la violence qui conduit à d'autres violences - c'est le pardon.
Le pape Jean Paul II l' a magnifiquement montré en allant dans le monde entier demander pardon même pour les offenses du passé. Il s'est humilie et n'a pas toujours été compris, car sa démarche ne visait pas la publicité. Il Il ne s'attendait pas d'ailleurs à être compris des journalistes. Sa démarche était profondément chrétienne et évangélique. C'est à Dieu qu'il demandait pardon en s'adressant aux hommes, car il savait que la seule sortie du cycle infernal de la vengeance, c'est la demande du pardon et l'acte de pardonner. C'est un mouvement difficile à amorcer et on ne manquera pas de traiter les chrétiens de rêveurs. Mais il est dans la logique du commandement de Jésus qui semble si difficile à suivre : Vous avez appris qu'il a été dit : oeil pour oeil, dent pour dent. Et bien moi je vous dit de ne pas tenir tête au méchant. Au contraire, quelqu'un te gifle-t-il sur la joue droite, tends-lui l'autre (Matthieu 5,38). Et d'ailleurs :Si vous aimiez ceux qui vous aiment, quel gré en saura-t-on ? (Luc 6,32) ; Aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. (Luc 6,35)
La véritable originalité du christianisme, est dans le pardon. Il est le vrai défi qui nous est lancé dans le climat de violence que nous connaissons Faute de pouvoir le vivre à l'échelle mondiale, du moins pouvons nous essayer de le remettre en oeuvre dans nos familles. Si la famille n'est pas le lieu où j'ai la certitude d'être pardonné, où trouverai-je le pardon ? Désespérer de quelqu'un c'est le pousser au désespoir, à écrit Emmanuel Mounier.. Si nous étions convaincus que ne nous pardonnerait pas nos fautes les plus graves nous serions poussés au désespoir. C'est sans doute ce qu'a vécu Judas : il a désespéré du pardon de Dieu. Il s'est dit : ma faute est trop grande. Il s'est fait violence. Ce n'est pas une bonne sortie. (à suivre)
Alain QUALICI o.p.
17:56 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Spiritualité, foi, prières





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