lundi, 05 mai 2008

BREVES LECON DE VIE CHRETIENNE;

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  Être chrétien, c'est être sûr que l'amour doit donner le ton à toute notre vie. Pas n'importe quel amour : l'amour de charité qui jaillit du Dieu-Amour. Cet amour a inspiré à Dieu de se faire l'un de nous, en Jésus-Christ. Jésus, le Vivant, vient vivre notre vie. À nous de l'accueillir, à nous de répondre à son amour : c'est ainsi que le Christ pénètre notre vie de sa vie.
   Cette réponse "commande" deux démarches liées : l'amour de Dieu, l'amour du prochain ; c'est là le sens du mot "commandement" à propos de la charité : "Le second commandement est semblable au premier". Aimer Dieu en personne et aimer Dieu en la personne du prochain constituent une unique réponse d'amour au Dieu qui nous aime.
   À propos de l'amour du prochain, Jésus donne une référence à laquelle nous ne prêtons peut-être pas suffisamment attention : comme toi-même ; être avec les autres comme nous sommes avec nous-mêmes. Certes, nous nous aimons beaucoup nous-mêmes. Mais souvent nous nous aimons mal, de cet amour du vieil homme pour le vieil homme qui a tendance à se prendre comme unité de mesure, à se faire captateur... C'est "l'amour-propre", au sens péjoratif du terme (car "amour-propre" peut avoir un sens noble, lui de dignité, de fierté). Un aspect important de notre conversion consiste à passer de "l'amour-propre" à l'authentique amour de nous-mêmes. Chaque être humain peut dire en vérité : Dieu m'aime. Eh bien, m'aimer moi-même, c'est accueillir cet amour personnel, inédit que Dieu me porte, c'est prendre le parti de Dieu vis-à-vis de moi-même, prendre à mon compte l'amour que Dieu me porte : "faire chorus". Voilà qui réduit sinon détruit "l'amour-propre". Librement, je fais mien cet amour créateur et sauveur qui demande à donner le ton à ce que je suis, à ce que je fais. [...]
   C'est ce "droit-amour" de soi-même qui va marquer nos relations avec les autres. Un unique courant d'amour jaillit du cœur de Dieu, nous atteint demande à être accueilli par nous, passe par nous et nous dépasse en direction des autres. Comme moi, chacun des autres est aimé d'un amour unique. Me voici poussé à prendre le parti de Dieu vis-à-vis de chacun, de tous. Le Christ vivant en moi me pousse à l'aider à vivre dans les autres."

 

 

 

Fr. J.G. RANQUET appartient à l'Ordre des Prêcheurs et réside au couvent des Pères dominicains de Bordeaux.

 

vendredi, 01 juin 2007

Dieu n'est pas solitaire

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Le signe de la croix marque le plus souvent l'entrée dans la prière, comme une ouverture, une sorte de code d'accés. Il semble même introduire une rupture avec les occupations habituelles. A la manière d'une parenthèse qu'on ouvre et qu'on referme au coeur d'une phrase.
Tracer sur soi la croix de Jésus en se tournant vers Dieu; c'est lui dire qui nous sommes.
Par le signe de la croix, nous nous revêtons de Jésus, nous nous couvrons de son amour pour nous tourner vers le Père, forts seulement de la Parole qu'il nous redit à chaque instant, comme au Fils bien aimé : "Tu es mon enfant, en qui je mets tout mon amour."
La croix nous dit d'abord qui est Jésus, le Fils qui se remet entre les mains du Père. En nous invitant à ouvrir les bras aux dimensions du monde qu'il nous donne à aimer, Jésus nous fait communier à son être et sa mission. La croix nous dit qui est le Père, celui dont Jésus tout donné est la parfaite icône, celui qui en Jésus aime jusqu'au bout. Alors, embarqués, aspirés, entraînés à notre tour dans le dynamisme de ce don et de cette communion, nous pouvons entrevoir qui est l'Esprit, communication de l'amour crucifié, effusion du Père et du Fils l'un vers l'autre, et l'un et l'autre ensemble vers nous.
Faits par Dieu, faits comme Dieu, popur la communion. Créés d'emblée plusieurs, afin que l'homme lui aussi ne soit pas unicité solitaire mais amour et communion. L'homme n'est vraiment homme que dans la relation. Parceque Dieu est relation.
Dieu, lui, est, au sens absolu. Il est l'être même......
La grande révélarion de Jésus, ce fut de manifester    que ce que Dieu est ainsi pour nous, relation et don, il l'est d'abord lui-même depuis toujours. Sa relation à nous dévoile, laisse entrevoir, le mouvement des relations éternelles entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, mouvement dans lequel elle prend naissance et auquel elle nous invite à prendre part.
Personne n'est quelqu'un tout seul . Pas même Dieu. Quelqu'un n'est une personne que par rapport à un autre. Si effectivement, pour le Père, le Fils et l'Esprit, être quelqu'un, ce n'est pas se replier sur lui-mêmle en se crispant sur son identité, mais c'est sortir de soi vers l'auitre pour qu'il existe, il apparait alors que la personne véritable n'est pas l'individu seulement soucieux de lui-même. Elle n'est que relation et vocation à la communication.
Exister réellement, ce n'est pas exister pour soi seul, c'est ex-ister, sortir de soi, au risque de se perdre, pour se retrouver en l'autre et avec l'auitre. Et dans la même logique, en Jésus, nous découvrons que l'homme est relation, don de soi.
Jean-Noël Bezançon
(La Trinité dans la vie des Chrétiens