samedi, 21 juin 2008
PRIER AVEC L'EVANGILE

Le développement des divers missels de poche a contribué à rendre habituelle la lecture quotidienne des « textes du jour ».
Beaucoup de croyants, qui n’ont pas le temps, ou le goût, d’aller à la messe tous les jours, tiennent cependant à lire fidèlement les passages de la Bible que la liturgie propose. Et il n’est pas rare que l’on voie, dans un métro ou dans un train, quelqu’un en train de méditer tranquillement la Parole.
Un texte chaque jour
Cette manière de faire rejoint une pratique très ancienne, celle des moines et des moniales qui, chaque jour, font lectio divina, c’est-à-dire consacrent du temps à une lecture lente, contemplative et priante d’un passage de la Bible.
L’attitude intérieure qui est essentielle dans une telle démarche est de se mettre à l’écoute, d’aborder le texte non pas tant pour y trouver des réponses à ses propres questions, que pour y venir à la rencontre de quelqu’un. L’évangile ne nous est pas donné pour nous indiquer ce que nous avons à faire, ou ce que nous n’avons pas fait, mais pour nous faire connaître Celui qui est venu manifester l’amour de Dieu. Aussi est-il important de ne pas seulement lire les passages que l’on aime bien, ou ceux dont les personnages nous ressemblent. Lire les textes du jour — ou bien lire l’évangile en entier, en avançant de quelques versets chaque jour — c’est se donner la possibilité de ne pas choisir, et de lire des passages qui nous déroutent, ou qui nous semblent obscurs. Si nous ne sommes jamais dérangés par l’évangile, si toutes ses pages nous semblent évidentes, c’est probablement que nous n’en lisons que des morceaux choisis.
Apprendre à connaître le Christ.
Pas d’inquiétude, donc, si l’on ne comprend pas toujours, si cela nous semble éloigné de notre vie. Lorsqu’on accueille chez soi un ami, on ne se demande pas ce que l’on va apprendre d’utile. On est heureux de l’accueillir, émerveillé de découvrir que l’on a toujours à … découvrir, même chez quelqu’un que l’on connaît bien. Un jour ou l’autre, il a une réaction, il formule une demande qui nous déroute, et cela nous rappelle qu’il n’est pas là pour correspondre exactement à l’idée que nous nous faisions de lui.
Osons donc lire l’évangile, tout l’évangile. Osons aller dans ces pages à la rencontre du Christ, en nous posant des questions, sur Lui et pas seulement sur nous. « Ignorer les évangiles, disait saint Jérôme, c’est ignorer le Christ. »
Le fr. Jean-Marie Gueullette, médecin et théologien moraliste de formation, est maître de conférences à la faculté de théologie de Lyon. Il anime aussi des groupes de prière silencieuse dans toute la France
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vendredi, 20 juin 2008
JE VOUDRAI BIEN PRIER MAIS .....

Ce n’est pas le désir de prier qui fait défaut aujourd’hui. Il y a probablement autant de croyants qu’autrefois qui souhaitent prier.Mais il y en a sans doute beaucoup plus qui ne savent pas comment faire. Deux points d’attention pour oser se lancer :
Une discipline nécessaire
« Je n’ai pas le temps. » La question est plus du côté de la discipline que du temps. Personne ne peut trouver une fécondité dans la prière s’il ne la pratique régulièrement, et cela nécessite une certaine discipline. Des amis, s’ils veulent se rencontrer, doivent faire des choix et placer des priorités dans leurs agendas. S’ils en restent au désir de se voir, ils ne se verront jamais. Dans l’ordre de la prière c’est un peu la même chose, à la différence près que l’on est seul à tenir son agenda et que personne ne va vous fixer de rendez-vous ou vous reprocher vos absences…
Regardez donc quelle est la période de la journée qui vous semble la plus adaptée pour votre prière : le matin, en milieu de journée, le soir. Tenez vous à ce moment là, comme à un rendez-vous prioritaire que rien ne puisse vous faire annuler.
La prière inutile
Tant que l’on regarde la prière comme une activité qui doit être efficace, on ne risque pas d’y être fidèle. Dans une vie marquée par une course permanente vers la performance, beaucoup aspirent à connaître autre chose. Le besoin de connaître des moments où cette spirale s’arrête, et de trouver un sens à sa vie, est-ce cela la vie spirituelle ? Habitués que nous sommes à être exigeants avec les propositions commerciales que nous recevons sans cesse, nous avons les mêmes attentes à propos de la prière : c’est efficace ou pas ? on se sent mieux ou pas ?
Mais la prière n’est pas de l’ordre de l’utile, comme un médicament ou une forme de gymnastique peuvent être utiles ou efficaces. C’est l’un des grands paradoxes qui nous paralysent : nous aspirons à vivre des moments de paix avec Dieu, mais nous ne supportons pas l’inaction ; nous sommes déçus si rien ne se passe, mais nous voulons découvrir la gratuité.
Le père Le Saux, moine bénédictin en Inde, écrivait : « L’homme n’a-t-il donc jamais le temps de s’asseoir en présence de la Majesté de Dieu, non pour demander ou remercier, mais pour simplement être là, devant lui, en silence ? »
Le fr. Jean-Marie Gueullette, médecin et théologien moraliste de formation, est maître de conférences à la faculté de théologie de Lyon. Il anime aussi des groupes de prière silencieuse dans toute la France.
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jeudi, 19 juin 2008
SE METTRE EN PRESENCE DE DIEU

Revenir par un mot à la présence de Dieu.
Cette manière de prier est très simple, elle consiste à dire intérieurement un mot tout en restant tranquillement assis. La prière va ici s’appuyer sur un seul mot. L’idéal est de prendre le Nom par lequel on s’adresse spontanément à Dieu dans la prière : Père, Abba, Jésus, Seigneur, Dieu, Kyrie eleison, Adonaï… Il n’est pas nécessaire de se poser beaucoup de questions sur le choix de ce mot. Il n’y a pas un mot qui soit meilleur qu’un autre. Il est cependant important que l’usage de ce mot soit naturel, spontané, et qu’il soit un nom de Dieu, de préférence à une idée ou une qualificatif de Dieu comme « amour » ou « bonté ». Prenez donc le terme que vous utilisez spontanément pour vous adresser à Dieu.
Celui qui prie ainsi engage tout son être dans un mouvement d’amour envers Dieu pendant qu’il dit intérieurement ce mot, ou ce nom. Puis, il recommence. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Le sens du mot n’a pas beaucoup d’importance,on ne le médite pas intellectuellement. On ne cherche pas à en goûter toutes les significations, toutes les harmoniques. L’essentiel est de se tourner vers Dieu par ce mot, en s’appuyant sur ce mot comme le dit le Catéchisme de l’Église catholique : « Souvent répétée par un cœur humblement attentif, l’invocation du saint nom de Jésus est le chemin le plus simple de la prière continuelle. §2668 »
Si on ne sait pas trop quel mot prendre, on peut prier le Saint-Esprit et demander son aide pour ce choix. Il prie en nous et « il murmure en notre cœur Abba, Père », comme le dit saint Paul. Ce n’est pas compliqué, il suffit de tourner son attention vers Dieu et de laisser jaillir du cœur un mot par lequel nous l’appelons. Parfois, on choisit au départ, de manière un peu intellectuelle un mot qui semble bien, plein de sens etc., et puis très vite, après quelques temps de prière, un autre mot s’impose et remplace le premier. Il ne faut pas faire cela tous les quarts d’heure, mais au début il y a parfois une petite période d’adaptation.
Une fois qu’on a commencé à prier sur ce mot, on continue, toujours sur le même, non seulement durant le temps de la méditation, mais dans toutes les méditations. Il y a ici une différence notable avec une autre forme de contemplation répétitive proche, dont Jean Cassien parlait déjà au Ve siècle, qui consiste à répéter au long de la journée un mot ou une expression que l’on aura saisit dans la lecture de la Bible ou dans la prière des psaumes. Cette rumination est une manière de prolonger presque physiquement la lecture, de continuer à se nourrir d’un texte au milieu des activités.
Comme il s’agit d’une méditation, au sens où l’on goûte le sens ou les sens de ce mot retenu, il est normal que l’on change chaque jour, car cette pratique est une forme de résonance de la prière à la lecture. Ici, le mot n’est pas là pour nourrir la réflexion, pour faire descendre au fond du cœur un aspect du mystère contemplé dans la parole. Sa fonction est d’être un point d’appui pour rester tranquille en présence de Dieu, pour se tourner vers lui. Quand on a du mal à marcher, on ne change pas de canne à chaque promenade, ici on ne change pas de mot.
Le fr. Jean-Marie Gueullette, médecin et théologien moraliste de formation, est maître de conférences à la faculté de théologie de Lyon. Il anime aussi des groupes de prière silencieuse dans toute la France.
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mercredi, 18 juin 2008
LIEU POUR LA PRIERE

Quand on veut mettre en place une prière régulière, cela aide beaucoup de vivre ce moment de prière toujours au même endroit. Que ce soit dans sa chambre, dans un autre endroit tranquille de la maison ou dans l’église du quartier si elle est ouverte, l’essentiel est de trouver l’endroit qui favorise le calme et la prière. Ce n’est pas un lieu où Dieu est plus présent qu’ailleurs, mais c’est un lieu qui nous aide.
Maître Eckhart disait : « Qu’un homme aille aux champs, y dise sa prière et connaisse Dieu, ou qu’il soit à l’église et connaisse Dieu : s’il connaît Dieu davantage parce qu’il est dans un lieu tranquille comme ce lieu l’est d’habitude, la cause en est sa faiblesse, non pas Dieu, car Dieu est le même en toutes choses, en tous lieux. » Sermon 68.
De même, chacun pourra trouver la manière d’installer ce lieu de prière, une bougie, une photo, un bouquet, des choses simples, qui ne demandent pas de temps ni d’efforts pour les installer. Le sanctuaire où Dieu veut être adoré, dit Jésus à la Samaritaine, c’est le cœur de l’homme. Aussi les conditions matérielles sont là pour favoriser le recueillement, elles doivent être adaptées à chacun et ne jamais devenir indispensables : nous devrions être capables d’adorer Dieu en esprit et en vérité n’importe où.
Une manière de se tenir
Dans ce lieu, il faut trouver une manière de s’asseoir qui favorise et exprime la prière. Il y a deux dimensions dans le rapport entre le corps et la prière : le corps exprime et façonne ce qui habite le cœur. Un premier repère se trouve en Dieu : il est bon que le corps exprime un certain respect. Cela peut aider aussi que la posture de la prière ne soit pas une posture de la vie courante. Assis ou à genoux, on n’est pas là pour faire quelque chose de banal, mais pour accomplir un acte de grande valeur. Dès que nous nous retrouvons dans cette position qui est celle de la prière, tout notre être se tourne vers Dieu. Quand des distractions viennent perturber la prière, on peut revenir à l’essentiel en revenant à ce que le corps n’a pas cessé d’exprimer. Prenez le temps de vous installer, de trouver quelle est la position qui vous permet de rester tranquille. Pour pouvoir se détacher de son corps et de ses exigences, il faut commencer par y prêter une grande attention. Parfois de très simples aménagements suffisent pour procurer calme et stabilité : un petit coussin bien placé, une chaise un peu plus haute ou un peu plus basse…
Le fr. Jean-Marie Gueullette, médecin et théologien moraliste de formation, est maître de conférences à la faculté de théologie de Lyon. Il anime aussi des groupes de prière silencieuse dans toute la France
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mardi, 17 juin 2008
PRIER SANS POURQUOI

Au risque de surprendre, il faut bien dire que l’on ne prie pas parce que cela fait du bien. Si un ami vous rend visite uniquement parce que cela calme son angoisse, vous accepterez peut être de lui rendre ce service durant un moment, mais vous finirez par considérer qu’il n’y a pas véritable amitié si ses visites ne trouvent leur raison d’être que dans son bien être. Or c’est bien souvent cela que nous infligeons à Dieu : nous ne le fréquentons que lorsque nous avons besoin de lui. Dieu n’est pas à notre service, la prière n’est pas une technique pour se sentir bien.
Cela n’empêche pas d’être heureux dans la prière ou d’y puiser la paix. Mais on ne prie pas pour sentir la paix ou le bonheur. La fidélité dans la prière devient adulte lorsque nous prions sans pourquoi, dans la paix comme dans la colère, dans le désir de Dieu comme dans la nuit de la foi.
Cela peut sembler trop simple, mais c’est profondément libérant que de se dire, « je vais prier, parce que c’est l’heure… » Tout simplement. Parce que c’est l’heure où j’ai rendez vous avec Dieu, où Dieu attend que je lui donne un peu de mon temps.
Lorsqu’on prépare un repas pour ses enfants, ou que l’on console un petit qui s’est fait mal en apprenant à marcher, on ne se pose pas la question de ce que l’on ressent, ni même de savoir si on a envie ou pas. On le fait sans pourquoi, parce que c’est normal, sans se poser plus de question.
Un devoir qui donne sens à la vie
Il faudrait que notre élan vers Dieu dans la prière trouve la même liberté. Notre culture insiste tellement sur l’authenticité, sur le désir, qu’on en vient à regarder systématiquement de travers toute idée de devoir. Mais c’est pourtant un certain sens du devoir, un devoir que l’on ratifie intérieurement car on le sait juste et bon, qui nous permet de tenir dans la durée, de traverser les orages de la vie de famille, et de la vie spirituelle.
Se tourner vers Dieu chaque jour, c’est la dignité de l’homme croyant, car il reconnaît ainsi Celui dont il reçoit sa vie.
Eckhart disait : « L’homme qui ne cherche en quoi que ce soit son bien propre, qui accomplit toutes ses œuvres sans pourquoi et par amour, un tel homme vit en Dieu et Dieu en lui. » Ne vous inquiétez donc pas si vous ne savez pas trop quoi répondre lorsqu’on vous demande pourquoi vous priez, ou à quoi cela sert. La prière ne sert à rien, elle n’est pas de l’ordre de l’utile et de l’efficace, mais elle nous replace devant l’essentiel.
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lundi, 16 juin 2008
PRIER SANS CESSE

L’un des rares enseignements pratiques que contient l’Évangile à propos de la prière n’est pas très rassurant : « Priez sans cesse. (Lc 18,1) » Est-ce à dire que la prière ne serait réservée qu’à ceux qui auraient le temps de ne faire que cela toute la journée ?
Au lieu de rêver, ou de se lamenter, partons plutôt de ce qui est réalisable, dès maintenant. Il est assez difficile de tenter de vivre sa journée en présence de Dieu sans avoir des moments qui lui soient explicitement consacrés. Sans attendre le jour où nous pourrons penser à Dieu en permanence, cherchons déjà à être fidèles à un moment de prière chaque jour.
L’essentiel : fidélité et réalisme
Le principal obstacle au développement de la vie de prière, ce sont les projets grandioses, les résolutions fracassantes. On sort d’une retraite, on est touché par un texte spirituel, et l’on décide de consacrer désormais deux heures par jour à Dieu. Cela dure trois jours, puis la vie reprend ses droits, et on en conclue que l’on est nul, que l’on n’est pas fait pour cela, etc. La seule manière de tenir dans la durée consiste à avoir des projets réalistes, à regarder ce qui est honnêtement possible et cohérent avec sa manière de vivre actuelle. Il est préférable de prendre au départ l’engagement de prier dix minutes et de s’y tenir durant des années, plutôt que de prévoir une heure et d’arrêter au bout d’une semaine. Un programme modeste au départ pourra peut être donner, peu à peu, l’envie de développer ; et la pratique de la prière régulière pourra susciter des changements dans les équilibres de vie. Tant de gens disent qu’il ne serait pas raisonnable de se lever plus tôt pour prier, mais si peu de gens imaginent qu’ils pourraient peut être commencer par se coucher plus tôt… L’essentiel est d’avancer pas à pas, très progressivement, et de préférer la fidélité et la régularité aux prouesses.
Un temps dans la journée
Si nos journées comportent un temps de prière régulier, même si celui-ci n’est pas très long, il nous deviendra peu à peu possible de reprendre pied dans ce climat intérieur de la prière, durant le reste de la journée. En attendant un ascenseur, en faisant la queue à la caisse, on pourra revenir en pensée à ce moment d’intimité avec Dieu. Si la prière quotidienne nous éduque à contempler la présence inconditionnelle de Dieu, auprès de nous et en nous, elle nous permettra de reprendre conscience de cette présence au long du jour.
Le fr. Jean-Marie Gueullette, médecin et théologien moraliste de formation, est maître de conférences à la faculté de théologie de Lyon. Il anime aussi des groupes de prière silencieuse dans toute la France.
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dimanche, 15 juin 2008
LA FIDELITE

En partenariat avec la revue Prier, le frère Jean-Marie Gueullette nous donne de nouveaux conseils pour apprendre à prier. Pour compléter cette lecture, n'hésitez pas à relire ses autres chroniques déjà publiées sur ce site.
Une prière du missel (33e semaine du temps ordinaire) nous fait demander à Dieu de « trouver notre joie dans notre fidélité car c’est un bonheur durable et profond de servir constamment le créateur de tout bien. » C’est notre joie et notre bonheur de servir le Seigneur dans la fidélité : voilà un beau programme pour la vie de prière. Bien souvent, en effet, ceux qui souhaitent accorder à la prière une place plus importante dans leur vie ne le font pas car ils imaginent devoir accomplir des prouesses, y consacrer plusieurs heures par jour, connaître l’extase une fois par semaine… Constatant que la réalité de leur vie ne correspond pas à ce rêve, ils en concluent que la prière n’est pas pour eux.
Humilité et réalisme
Le fondement de notre fidélité dans la prière, c’est l’humilité. Nous pourrons servir Dieu avec fidélité si nous avons choisi une manière de le servir qui soit réaliste, compatible avec ce que nous sommes, avec notre mode de vie. Il est plus fécond de se tenir à dix minutes par jour durant dix ans que de rêver qu’on pourrait faire trois heures par jour et de se désespérer de ne jamais y arriver. Il y a quelque chose d’un peu humiliant que de s’engager à donner dix minutes par jour à Dieu et de constater que l’on n’y arrive pas toujours. Le combat spirituel consistera alors à se remettre à l’ouvrage, inlassablement, sans se lamenter sur les jours ou les semaines où l’on avait lâché prise.
Les moyens de la fidélité
Pour tenir ainsi dans cette fidélité simple et quotidienne, nous avons besoin de quelques repères, de quelques règles de vie : régularité du lieu, de l’horaire, de la forme que prend la prière. Personne ne peut tenir dans la durée en se disant qu’il priera quand il aura le temps.
Se donner une règle permet d’objectiver un peu les choses. On se tient tant bien que mal à cette règle que l’on se sente fervent ou pas, que l’on ressente un désir de prier ou pas. Et cela change tout car alors on ne part pas de soi et de ses états d’âme, mais de Dieu en présence de qui on se tient. Avec une simplicité libérante, un chartreux écrivait au XVe siècle : « Quand c’est le temps de prier, prions ; de travailler, travaillons ; de parler, parlons ; de faire silence, soyons silencieux… »
Le fr. Jean-Marie Gueullette, médecin et théologien moraliste de formation, est maître de conférences à la faculté de théologie de Lyon. Il anime
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samedi, 14 juin 2008
LE TEMPS DE LA PRIERE
Sans être identiques, nos journées se ressemblent, nos semaines aussi. Cela aide beaucoup de faire entrer la prière dans les rythmes de la vie courante. Certains sont du matin, d’autres du soir, il ne saurait être question de donner des repères qui seraient valables pour tous. En revanche, il est difficile d’être fidèle sans mettre en place une certaine régularité.
Si vous priez quand vous en avez envie, ou quand vous en avez le temps, vous ne prierez pas souvent. De plus, vous placez alors votre propre désir à la source de la prière. Un tel fondement serait bien fragile pour une relation humaine. Est-ce qu’on s’occupe de ses enfants quand on en a envie, ou quand on en trouve le temps ? Est-ce qu’on se rend disponible à ceux qu’on aime uniquement le jour où on le souhaite ? Ouvrir sa porte à un ami qui a besoin d’aide, passer une partie de la nuit auprès d’un enfant malade, cela correspond rarement à un désir personnel. On le fait parce qu’il faut le faire, parce qu’il est normal de le faire, et parce qu’on sait qu’on se renierait soi-même en ne le faisant pas.
L’heure de Dieu
Il est bon d’envisager la prière aussi de cette façon là : un rendez vous avec Dieu, qui est une priorité. On a toujours beaucoup d’autres choses à faire à l’heure de la prière. Des choses importantes et urgentes de préférence… Mais si l’on fait le choix, jour après jour, de se tenir à ce que l’on a décidé, c’est à dire de ne rien faire, avec Dieu et pour Dieu, pendant un moment, on exprime, et on se montre à soi-même, que ce temps consacré à Dieu est ce qui est le plus important.
Le père Le Saux, moine bénédictin en Inde écrivait : « Les moments de sa vie que l’homme consacre à cette prière de silence sont l’offrande la plus haute qu’il soit capable de jamais faire à Dieu, le plus grand de tous les cultes spirituels. »
Le temps de Dieu
La fidélité s’appuie aussi sur le temps que l’on consacre chaque jour à la prière. Si la durée de la prière dépend de ce que l’on ressent, elle a des chances d’être de plus en plus courte, puisqu’on ne ressent rien. Et si un jour on est dans l’émotion, on aura tendance à prolonger. Ici encore, en agissant ainsi, on se place soi-même au centre, au lieu de laisser la place à Dieu. Cela peut sembler formel de fixer une durée et de s’y tenir, quoi qu’il arrive, ennui ou extase. Mais c’est pourtant la meilleure manière de tenir dans la durée, et de prendre conscience que ce temps est celui de Dieu, qu’il lui est donné.
Le fr. Jean-Marie Gueullette, médecin et théologien moraliste de formation, est maître de conférences à la faculté de théologie de Lyon. Il anime aussi des groupes de prière silencieuse dans toute la France.
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jeudi, 12 juin 2008
L’AMOUR EST EMPORTEMENT

L’amour est emportement. L’amour est enthousiasme. L’amour est risque. N’aiment pas et ne sont pas aimés ceux qui veulent épargner, économiser leurs sentiments. L’amour est générosité. L’amour est prodigalité. L’amour est échange : Qui donne beaucoup reçoit beaucoup car en fin de compte nous possédons ce que nous donnons. Aimer, ce n’est pas enfermer l’autre, c’est vouloir que l’autre s’épanouisse, suivre le courant naturel de la vie. L’amour, c’est savoir accepter l’autre tel qu’il est. Etre joyeux du bonheur qu’il trouve. L’aimer dans sa totalité. Il n’y a pas qu’une seule façon de vivre à deux. Il y a mille chemins qui conduisent au bonheur et à la paix. Chacun peut trouver sa route dès lors qu’il s’efforce de comprendre l’autre. Pour chaque couple, il y a un chemin singulier. Chaque couple est unique. Parce que chaque être est unique et que dans la rencontre de deux êtres jaillit un tout unique. Chacun peut trouver l’autre avec qui il va commencer la vie à deux. L’amour, chacun doit l’inventer pour soi. Il ne peut y avoir de modèle. Chacun est soi, chacun est origine. Aimer c’est en même temps partager des mots, des regards, des espoirs et des craintes. L’amour c’est réussir à donner à l’autre confiance en lui. L’amour n’est pas seulement un miracle né d’une rencontre, il est jour après jour ce que l’on veut qu’il soit. "
Martin Gray
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jeudi, 29 mai 2008
PRIER
Prier c'est s'arrêter. Donner du temps à Dieu, chaque jour, chaque semaine.
Dans le monde moderne, le dimanche est devenu le jour qu'on "se" réserve,le jour qui est à nous. On oublie que c'est le jour qui est à Dieu.
- Si nous ne "correspondons" plus avec Dieu, notre amour est en danger.
La fiancée qui reçoit de moins en moins de lettres de son fiancé sait bien que son amour est en danger.
- Si nous ne prions plus, nous ne reconnaîtronss plus et n'entendrons plus Jésus Christ nous parler dans la vie
Car pour Le voir et Le comprendre, il faut Le regarder et L'écouter dans des rendez-vous journaliers.
- Prier c'est d'abord se tourner vers Dieu.
Si nous ne prions plus, nous nous tournerons vers nous-mêmes.
- Prier c'est nous relier à Dieu.
Si nous ne prions plus, nous demeurerons seuls, et comme il faut à l'homme un Dieu, nous nous choisirons pour Dieu.
- Si nous vivons loin de Dieu, progressivement nous conclurons : je vis bien sans lui.
Si nous vivons sans lui, lentement nous l'oublierons. Si nous l'oublions, nous finirons par croire qu'Il n'existe pas.
- Celui qui cherche toujours à obtenir quelque chose de l'être aimé, n'est pas un amoureux, mais un commerçant.
Notre Prière, trop souvent n'est qu'un commerce avec Dieu....nous voulons qu'elle "rapporte".
- Trop souvent pour nous, prier c'est demander.
Or prier c'est d'abord se présenter gratuitement devant Dieu : Notre Père qui es aux cieux, que Ton nom soit sanctifié.
- Nous nous plaignons souvent de ne pas être exaucés, c'est que nous renversons les rôles.
Nous réclamons de Dieu qu'il fasse notre volonté, qu'il exécute notre plan, qu'il se mette à notre service. Or prier c'est tout le contraire. C'est demander à Dieu de faire Sa volonté, d'exécuter Son plan, de se mettre entièrement à Son service.
- Il ne s'agit pas pour nous de faire changer Dieu, mais de nous changer; de nous changer, de nous mettre dans Sa dépendance, dans Sa mouvance.
Si nous voulons entendre la musique sur notre transistor, il faut l'allumer, puis le brancher sur la bonne longueur d'onde. Si nous voulons nous mettre en contact avec Dieu, il faut prier, c'est à dire nous disposer à Lui et Lui permettre de nous transmettre Sa grace et Son amour.
- Il n'y a rien de trop beau pour offrir à ceux qu'on aime.
Parce que Son amour est infini, le Père ne peut limiter Son cadeau aux choses de la terre. Il ne donne que l'infini : Il se donne Lui-même.
C'est pourquoi nous ne pouvons demander à Dieu de réussir un examen ou d'obtenir une augmentation de salaire....qu'à la condition d'ajouter : "Si vous jugez, Seigneur, qu'ainsi j'aimerai davantage, Vous et mes frères les hommes."
- Faire confiance. Faire toujours confiance.
Nous savons que le père ne peut pas ne pas vouloir notre bien. Nous savons que s'il n'est pas bon d'accéder à notre désir, Son amour répondra tout de même, mais différemment.
- Dieu à besoin de notre prière.
Il ne peut donner que si nous lui demandons, car Il respecte infiniment notre liberté.
C'est Lui qui, sans cesse, silencieusement nous prie. Exauçons Son amour.
Comment prier?
- Il faut vouloir prier, et vouloir prier c'est déja prier.
Essayons d'être présent à Dieu, essayons encore, le temps que nous avons décidé, et ne disons jamais : " Je ne peux pas prier", "je ne sais pas prier ", car accepter de toujours essayer, c'est déja prier.
- De notre côté, notre prière vaut d'abord par l'effort qu'elle nous demande. Du côté de Dieu, par l'action de l'Esprit en nous.
- Ne rêvons pas de conditions exceptionnelles pour la prière.
Ne disons pas "si j'avais le temps!", "si j'étais au calme!", "si je pouvais me retirer dans la solitude!"...Certes, il nous faut tenter de réunir les meilleurs conditions extérieures, mais serions-nous dans le désert le plus total, au creux du silence le plus profond, le principal obstacle demeurerait : nous-mêmes, et le monde d'idées, d'images, de sensations, de passions...qui est en nous.
- Dans la prière, si nous ne cherchons pas à obtenir "quelque chose", nous tenons au moins à enregistrer une certaine satisfaction sensible. Souvent déçu, nous abandonnons tout effort : "ça ne donne rien", "j'ai l'impression de parler dans le vide", "je ne sens rien"... Sauf grâce spéciale, nous ne pouvons pas ressentir quelque chose dans la prière. Toute émotion vient des sens; or prier, c'est se mettre en présence, en contact avec Quelqu'un qui n'est pas "sensible".
Nous ne pourrons prier autentiquement tant que nous attendrons quelques plaisirs sensibles dans la prière.
- Prier, c'est très souvent accepter de s'ennuyer devant Dieu.
Quand nous sommes écrasés de fatigue, lourd de responsabilités et de soucis, débordés de travail, bousculés par un horaire chargé, sollicités de tous côtés par les autres...
Nous obliger à nous arrêter et démissionner totalement devant Dieu, accepter l'inefficacité humaine devant Lui, "perdre notre temps" gratuitement en Sa présence, c'est poser un acte de foi, d'adoration et d'amour, qui est la base de la prière.
- Nous pouvons faire croître l'amour humain sur terre.
Nous pouvons changer le Monde, le transformer de fond en comble, rien ne sera fait si nous ne prions pas car prier c'est :
laisser la Volonté de Dieu s'installer progressivement en nous,
laisser l'Amour de Dieu nous envahir à la place de l'amour de nous-même,
par nous, introduire le Plan du Père et Son Amour tout-puissant parmi les hommes.
Pour finir, laissons parler la petite Thérèse, à propos de la prière:
"Je dis tout simplement au Bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases, et toujours il me comprend".
"Quelquefois, lorsque mon esprit est dans une si grande sécheresse qu'il m'est impossoble d'en tirer une pensée pour m'unir au Bon Dieu, je récite très lentement un "Notre Père". Alors ces prières me ravissent. Elles nourissent mon âme bien plus que si je les avais récitées précipitamment une centaine de fois".
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