mardi, 19 février 2008

LA FAMILLE REMEDE A LA VIOLENCE

 

La famille lieu de pardon.
"Qui sème le vent récolte la tempête." Comment sortir de cet engrenage ? Pour que la famille soit un antidote à la violence, il faut se rappeler qu'elle est par excellence le lieu du pardon. On sait l'importance que le Seigneur attache au pardon, Il nous demande de pardonner "soixante-dix fois sept fois."
Le pardon est l'antidote de la violence. La violence engendre la violence, la loi de la vendetta est partout. 'Oeil pour oeil, dent pour dent." La violence conduit à la vengeance et la vengeance entraîne dans un cycle infernal qui n'a pas de fin. On n'en sort que par le pardon. Sur la croix, Jésus pardonne ou plutôt il demande à son Père de pardonner. Mais dans les relations familiales, la référence est plutôt la parabole du Père qui avait deux fils dont l'un quitte la maison et l'autre y reste. L'attitude du père de la parabole nous est proposée comme modèle. Nous sommes en effet toujours dans la situation d'avoir à pardonner ou d'avoir à demander pardon, offensés ou offenseurs. Comment en sortir ? Si nous étendons notre regard aux dimensions du monde, nous voyons bien que la seule solution aux plus terribles conflits d'aujourd'hui - cette escalade de la violence qui conduit à d'autres violences - c'est le pardon.
Le pape Jean Paul II l' a magnifiquement  montré en allant dans le monde entier demander pardon même pour les offenses du passé. Il s'est humilie et n'a pas toujours été compris, car sa démarche ne visait pas la publicité. Il Il ne s'attendait pas d'ailleurs à être compris des journalistes. Sa démarche était profondément chrétienne et évangélique. C'est à Dieu qu'il demandait pardon en s'adressant aux hommes, car il savait que la seule sortie du cycle infernal de la vengeance, c'est la demande du pardon et l'acte de pardonner. C'est un mouvement difficile à amorcer et on ne manquera pas de traiter les chrétiens de rêveurs. Mais il est dans la logique du commandement de Jésus qui semble si difficile à suivre : Vous avez appris qu'il a été dit : oeil pour oeil, dent pour dent. Et bien moi je vous dit de ne pas tenir tête au méchant. Au contraire, quelqu'un te gifle-t-il sur la joue droite, tends-lui l'autre (Matthieu 5,38). Et d'ailleurs :Si vous aimiez ceux qui vous aiment, quel gré en saura-t-on ? (Luc 6,32) ; Aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. (Luc 6,35)
La véritable originalité du christianisme,  est dans le pardon. Il est le vrai défi qui nous est lancé dans le climat de violence que nous connaissons Faute de pouvoir le vivre à l'échelle mondiale, du moins pouvons nous essayer de le remettre en oeuvre dans nos familles. Si la famille n'est pas le lieu où j'ai la certitude d'être pardonné, où trouverai-je le pardon ?  Désespérer de quelqu'un c'est le pousser au désespoir,  à écrit Emmanuel Mounier.. Si nous étions convaincus que ne nous pardonnerait pas nos fautes les plus graves nous serions poussés au désespoir. C'est sans doute ce qu'a vécu Judas : il a désespéré du pardon de Dieu. Il s'est dit : ma faute est trop grande. Il s'est fait violence. Ce n'est pas une bonne sortie. (à suivre)
Alain QUALICI o.p.

samedi, 16 février 2008

LA FAMILLE REMEDE A LA VIOLENCE

Prier en famille
Pour que la famille soit un rempart contre la violence, il paraît nécessaire de faire face à ses différents aspects. La violence est un désordre, une dysharmonie. Le  monde est déboussolé. Il a perdu le nord, plutôt son Orient : il est désorienté. Pour  le sortir de la violence, il faut le réorienter. Et cela commence dans la famille, qu'il faut, dans ce but, orienter vers sa vraie fin qui est la béatitude céleste : autrement la communion d'ici-bas nous prépare à la communion éternelle.
Une famille bien orientée, comme une personne bien orientée, est une famille qui  sait que sa destinée est éternelle. Son but, c'est le ciel, c'est de réaliser cette grande famille que nous appelons la communion des saints. Or ce projet qui ne se réalisera parfaitement qu'au retour du Christ, il nous est donné de le mettre déjà en oeuvre. le Royaume est au milieu de vous, annonce Jésus dès le début de sa prédication. C'est la communion de ces cellules vivantes qui fera le tissu vivant de la société dont la vocation est d'être une communauté de communautés. Chacune de ces cellules vivantes  de ce corps vivant réalise, à sa taille et à sa portée, ce qui est le but final de toute la famille humaine : vivre ensemble dans l'harmonie. Il ne faut pas perdre de vue ce but et il faut bâtir toute la vie de sa famille dans cette perspective. Cette bonne orientation de la famille et de chaque personne trouve son expression privilégiée dans la prière en famille. On ne saurait trop insister sur son importance. La prière tourne vers Dieu. Elle oriente toute la famille vers ce qui est son but ultime. Un but qu'elle met en oeuvre par sa vie même, sa vie de famille ! C'est le moment où on se tourne vers le Créateur qui est aussi un Père pour lui remettre la vie de chacun de ses enfants, où on lui demande de conduire chacun, tous ensemble, dans le bon sens et de montrer le chemin.
Dans ce moment de silence devant Dieu, quand on reprend un parole simple de l'Écriture, quand on reprend les paroles de l'ange à Marie, ou quand on redit la prière que le Seigneur nous a commandé de dire, on peut dire qu'on fait une oeuvre de reconstruction du monde. Voilà précisément ce que le monde à oublié, et ce qu'il refuse : orienter toute sa vie vers Dieu. La famille, cette petite Église, est le premier lieu de la célébration de la Gloire de Dieu.
On ne saurait mener à bien cette oeuvre sans la force de Dieu, sans son intervention, car la violence est partout tapie, prête à bondir et à tout casser. Bienheureux les doux, ils auront la terre en héritage, a dit Jésus.
Apprendre à aimer.
Pour faire face à la haine qui règne dans le monde, il faut tout mettre en oeuvre pour faire de la famille un lieu où l'on s'aime. On devrait pouvoir écrire à la porte de chaque famille : Ici on s'aime. Ce devrait être une banalité de dire que les liens familiaux qui unissent l'époux et l'épouse, les enfants et leurs parents, les parents et leurs enfants sont fondés sur l'amour. Mais nous savons bien que ce n'est pas toujours vrai. A quoi cela tient-il ?  Comment se fait-il que l'amour ne règne pas toujours dans les familles ? Il semble que fondamentalement cela vient de ce que l'on a oublié qu'aimer procède d'un commandement. Aujourd'hui on conçoit l'amour comme quelque chose qui coule de source, quelque chose de spontanée, naturel et automatique. C'est une grave erreur.
C'est ce que nous disons aux fiancés que nous préparons au mariage : vous vous aimez ,c'est bien !  mais le plus probable c'est que  vous aimez qu'on vous aime. En aimant l'autre, c'est vous que vous aimez. Certes, c'est un bon début, sans doute nécessaire. Mais si vous continuez dans cette ligne, vous allez lentement dériver, chacun s'aimant soi-même plus que l'autre. Peu à peu en ne trouvant plus l'autre aussi disponible qu'aux  premiers  jours, l'amour va s'affaiblir. Puis, dans un dégradé impitoyable, il va virer à l'indifférence, de l'indifférence au mépris, du mépris au conflit, du conflit à la haine  et de la haine à la violence.
Chacun , en soi et en famille, doit sans cesse se rappeler que si le Seigneur à donner l'amour comme commandement, ce n'est pas par hasard et ce n'est pas facultatif.
Mon commandement est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés.(Jean 15,12) Si c'était simple et facile, il ne serait pas nécessaire d'en faire un commandement. Il suffirait de dire : suivez votre pente, laissez-vous aller à ce qui chez vous est spontané : aimer. Mais il n'en est pas ainsi. Il faut apprendre à aimer. La famille est le lieu par excellence qui nous est donné pour apprendre à aimer.
La famille est une école de l'amour.  Cela ne vient pas tout seul. C'est même extrêmement difficile. Cela implique une disposition intérieure vraiment spirituelle. Aimer l'autre pour lui-même, tel qu'il devient avec l'âge, tel qu'il évolue dans son caractère et dans ses convictions.    Aimer l'autre tel qu'il est, comme j'attends moi-même d'être aimer pour moi-même. Voilà encore un autre commandement du Seigneur :  Aimer les autres comme soi-même,  c'est-à-dire, aimer les autres non pas comme je m'aime  moi-même, ce qui serait de l'égoïsme, mais aimer l'autre de la façon dont je veux être aimer  moi-même. Pour cela une seule solution : aimer l'autre comme un don reçu de Dieu. Voilà ke prix à payer pour que la violence que chacun porte en lui ne se déchaîne pas, mais qu'elle soit au contraire transformée en valeurs positives
Alain QUILICI o.p.

jeudi, 14 février 2008

LA FAMILLE, REMEDE A LA VIOLENCE

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La famille au service des personnes qui la composent
La famille, réalité naturelle sanctifiée par Dieu, est mise par le Créateur au service des personnes qui la composent. En christianisme, ce qui est premier c'est toujours la personne, et non le groupe,, ni la société, ni la collectivité, ni la communauté. "La personne humaine, qui de par sa nature, a absolument besoin d'un vie sociale, est et doit être le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions." (Lumen Gentium n°25) C'est ce qui apparaît dans la Sainte Famille de Jésus. Dans la liturgie chrétienne, où l'on ne fête pas les idées, ni la charité, ni la justice, ni l'humanité, il n'y a pas de fête liturgique de la famille. Mais nous fêtons la Sainte Famille de Jésus. Ce que nous fêtons C'est la réalité de cette famille vraiment sainte au coeur de laquelle Dieu est présent en la personne de Jésus, une famille où chaque personne tient une place éminente  au service des autres ; une famille qui apparaît comme une école d'obéissance car chacun désire faire la volonté de Dieu ; un foyer d'amour au service d'une mission divine : donner au monde un rédempteur. La Sainte Famille est à imiter non comme modèle sociologique, mais pour ce qu'elle est vraiment : une église domestique (ecclesiola) selon le concile Vatican II. être un Église domestique telle est la vocation de chaque famille. Or  aujourd'hui, la famille est malmenée. On lui fait violence en la dénigrant, en niant sa réalité, en instaurant des lois qui la mettent à mal, en ne faisant rien pour la soutenir et pour aider les parents à assumer leur mission.
La personne est sacrée.
La famille n'est pas un collectif d'individus mais une communion de personnes. Ce qui est premier, c'est la personne, non l'individu. Il faut se démarquer résolument de cet individualisme qui pollue les mentalités, tend à rendre impossible la vie en société,   et dans lequel l'individu revendique une valeur absolue pour lui-même. La personne, au contraire, est toujours un être en relation à d'autres personnes. La famille n'est pas une juxtaposition d'individus qui se tapent dessus pour se faire une place, mais des personnes qui tendent à vivre en communion. Le pape Jean Paul II n'a cessé de le répéter : dans la naissance de toute personne humaine, Dieu intervient. Dieu veut chaque homme. Il ne fait pas de tri, comme nous sommes invités à le faire aujourd'hui, entre les réussis qu'il faut garder et les ratés qu'il faut jeter à la poubelle, les désirables et les indésirables. Dieu veut l'homme pour lui-même.Être homme est sa vocation fondamentale, écrivait Jean Paul II dans sa lettre aux familles de 1994. Pour faire face à la violence, il faut se souvenir de cette première conviction. La personne a une valeur inaliénable. Elle vaut mieux que toutes les lois. Elle est sacrée et sa vocation est de devenir sainte, c'est à dire comme Dieu.
La personne est menacée
Le grand et beau projet de Dieu se heurte au péché. La famille, comme la personne, est menacée par le Tentateur. Le Satan sème la zizanie dans le champ dans lequel le Maître n'avait semé que du bon grain. Il veut diviser pour opposer, pour rendre ennemis, pour instaurer les différends entre les semblable. Il suscite la violence en instaurant la règle de la lutte dans tous les domaines : lutte des classes, lutte des sexes, lutte des générations etc... C'est là que la violence prend racine. Elle est rampante. Elle vient s'insinuer dans le coeur de l'homme comme le serpent du jardin d'Eden. Il ne vient de nulle part, mais il s'insinue dans le coeur libre de l'homme, il lui fait du charme, il se montre sous un jour avenant et finalement il le prend dan un piège dont il ne peut s'échapper. Dès le début de la Révélation dans l'épisode de Caïn et Abel, qui n'est pas un récit historique, nous est donné une méditation théologique sur la violence au coeur de la relation fraternelle. La jalousie, la maladie de la comparaison s'insinue dans le coeur de Caïn. Il pense résoudre son problème en faisant violence à son frère. Il l'élimine. La bête tapie dans son coeur a été plus forte que lui !  Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ? Mais si tu es  bien disposé ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n'es pas bien disposé, le péché n'est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite ? Pourras-tu la dominer ? (Genèse 4,7)
C'est là qu'il les vivra et là qu'il apprendra, ou non, à les gérer. C'est donc là qu'il doit apprendre à contrecarrer  les inévitables assauts de la violence. C'est un problème aussi vieux que l'homme. Au-delà des formes actuelles que prend cette violence, il y a là un problème récurrent. Tant que nous serons pas dans le Royaume nous serons soumis aux violents et aux violences. La famille nous apparait justement comme le lieu que le Seigneur nous donne pour faire face à cette violence. Que faire pour que notre famille, celle dont nous avons la charge, ce petit morceau du Royaume de Dieu qui nous est confié, soit un bastion contre l'invasion de cette mauvaise herbe qu'est la violence, cette zizanie ou ivraie ?    (à suivre)
Frère Alain QUILICI o.p.

 

 

 

lundi, 11 février 2008

LA FAMILLE REMEDE A LA VIOLENCE

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Le monde et les chrétiens ne mettent pas toujours le même contenu sous le même mot. Il en est ainsi pour les mots "famille" et "Dieu". Quand on parle de Dieu, la plupart de nos contemporains entend une réalité insaisissable, plus ou moins réelle, qui apparaît souvent comme un vague divin dans lequel il faudrait se perdre, ou alors un absolu transcendant dépassant toutes choses et face à qui il faut "s'écraser". Ce qui conduit à dire, et on ne manque pas de le faire, que Dieu est le même pour tout le monde. Or  pour nous, chrétiens, Dieu est une personne qui se donne à rencontrer. De la même façon, le mot  famille contient l'idée de famille, celle qui irritait Gide et que ses disciples haïssent encore, idée construite d'après les échecs et les caricatures de la famille. Pour nous, chrétiens, la famille est tout autre chose.
La famille relève d'un mystère.
La famille est une réalité qui vient de Dieu et qui ne se comprend qu'en référence à ce Dieu personnel qui se révèle dans la Bible. C'est le mystère d'un homme et d'une femme qui s'unissent pour transmettre la vie, mais pas n'importe quelle vie : la vie d'une personne humaine dont la destinée est éternelle ; un homme et une femme qui ont entre eux des liens d'amour et dont le bonheur est de transmettre la vie. Ils mettent au monde des "personnes". Ils les aiment et instaurent avec elles des relations personnelles très particulières puisqu'elles sont fondées à la fois sur des liens de sang et des liens d'amour.
C'est un "mystère", en ce sens qu'il nous est révélé que la famille a été crée à l'image de Dieu, de ce Dieu qui se révèle lui-même être une communion de personnes : la Très Sainte Trinité. Nous devons toujours garder présent à l'esprit le texte fondamental de le Genèse, charte de la fondation divine de la famille :  Dieu créa, l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa (Genèse 1, 24). La famille est un reflet de la réalité divine. De même que Dieu est en trois personnes, la famille est une réalité qui a son unité dans une communion de personnes.
La famille est une réalité sainte
Il ne s'agit pas d'une réalité sacrée, au sens où sacré s'oppose au profane. La famille est une réalité naturelle que Dieu a sanctifiée. Le sacrement de mariage sanctifié cette réalité naturelle du couple qui va donner naissance à une famille. On peut comparer la famille au buisson ardent du livre de l'Exode : un buisson qui brûle sans se consumer car il est sanctifié par la présence de Dieu. Ce feu n'enlève pas les épines du buisson. Ainsi nos familles nous apparaissent-elles parfois remplies d'épines et nous avons du mal à en vivre les violences internes. Cela est vrai. Elles n'en sont pas moins cette réalité naturelle dans laquelle Dieu a fait se demeure(à suivre)
fr.ALAIN QUALICI  o.p.
 

mercredi, 30 janvier 2008

LA BONTE

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La bonté peut nous aider énormément à lutter contre l'indifférence, l'égoïsme, l'hostilité naturelle que nous avons tous en nous. Un seul geste de bonté de notre part,et quelque chose d'essentiel à la vie humaine est réalisé.Et cela nous est aussitôt rendu. (...)
Recevoir un don nous conduit à en faire un à notre tour. Si l'on peut faire sentir à l'autre qu'il peut répéter ce geste, alors il sera reproduit à l'infini.
Imaginez le paradis sue ce serait.
L'Évangile dit :"celui qui fait le bien vient de la lumière."
Les personnes d'une très grande bonté convertissent leur entourage sans faire le moindre prosélytisme. Si l'autre s'interroge et remonte à la source, un jour il  s'apercevra que celui ou celle qui a fait ce geste de bonté était chrétien. La bonté est une force de témoignage, une force de mission pour les indifférents et les athées.
La bonté est la preuve du mystère de Dieu. La charité la plus pure vient du coeur de Dieu. On dit qu'il faut  "faire la charité", c'est bien, mais ça peut-être un refuge ou une échappatoire. La charité a tendance à n'atteindre que la surface de l'autre. Quelques sous dans la main tendue et basta ! Alors que la bonté atteint le coeur de nos frères et soeurs que nous rencontrons.
Seul Dieu peut nous permettre de vivre la bonté qui sauve de tout. Elle peut s'exprimer à travers des gestes simples ou les plus fous. Parcequ'elle est à la démesure du coeur de Dieu.
Elle est une source plus profonde que notre coeur puisque c'est le coeur de Dieu qui agit en nous. Les gestes fous sont possibles aussi. Souvenez-vous encore une fois du père Kolbe.
La bonté du Christ est totalement envoûtante. Le Christ, humain et divin,lorsqu'il rencontrait quelqu'un, l'aimait pour ce qu'il était. Nous aimons souvent l'autre en surface, et pas pour ce qu'il est au fond de lui. C'est le magnifique devoir d'un chrétien que d'aimer sans a priori. C'est aimer aimer l'autre sans étiquette, sans classification religieuse, ni ethnique, ni sociale, ni professionnelle... Aimer le riche comme le pauvre, aimer le Français de souche comme notre frère étranger.
Pour celui qui est bon, il n'y a pas six milliards de personne dans le monde, il n'y a qu'une personne devant lui, celle qu'il rencontre en ce moment même.
Une seule personne existe, celle que tu res, celle que tu regardes. (...)
Guy GILBERT

 

 

 

 

jeudi, 24 janvier 2008

De l'épreuve à la beauté

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Un obstacle pour notre abandon à Dieu est la présence de la souffrance, dans notre propre vie comme dans le monde qui nous entoure. Même pour ceux qui s'abandonnent à lui, Dieu permet des souffrances, il les laisse manquer de façon parfois douloureuse de certaines choses. Dans quelle pauvreté n'a pas vécu la famille de la petite Bernadette de Lourdes ! N'est-ce pas un démenti de la Parole de l'Évangile ?

Non, car le Seigneur peut nous laisser manquer de certaines choses, jugées parfois indispensables aux yeux du monde, mais il ne nous laissera jamais privés de l'essentiel : de sa présence, de sa paix et de tout ce qui est nécessaire pour la pleine réalisation de notre vie selon ses projets sur nous.

Espérer contre toute espérance

Nous devons être convaincus, si nous voulons aller jusqu'au bout de notre foi chrétienne, que Dieu est assez bon et assez puissant pour utiliser tout mal, quel qu'il soit, toute souffrance, aussi absurde et inutile qu'elle paraisse, en notre faveur. Le mal est un mystère, un scandale, et il le restera toujours. Il faut faire ce qui est possible pour l'éliminer, pour soulager la souffrance, mais il reste toujours présent dans notre histoire personnelle et dans celle du monde.

À certains moments de sa vie, le chrétien sera donc nécessairement convié à croire contre les apparences, à " espérer contre toute espérance " (Rm 4, 18). Il y a inévitablement des circonstances où nous ne pouvons pas comprendre le pourquoi de l'agir de Dieu. Car ce n'est plus la sagesse des hommes, une sagesse à notre portée, compréhensible, explicable par l'intelligence humaine, mais la Sagesse divine, mystérieuse et incompréhensible, qui intervient alors.

Un cœur "liquide"

Nous sommes encore plus touchés et préoccupés par la souffrance d'un ami, d'un enfant, que par la nôtre propre. Combien de parents se laissent ronger par le souci causé par un problème concernant l'un de leurs enfants ? Le Seigneur nous invite cependant, dans ces cas-là aussi, à ne pas perdre notre paix intérieure. Notre douleur est légitime, mais qu'elle reste paisible.

Il nous faut savoir distinguer entre ce que l'on pourrait appeler la vraie et la fausse compassion. Il est certain que plus nous avançons dans la vie chrétienne, plus notre compassion grandit. Alors que nous sommes naturellement si durs et indifférents, le spectacle de la misère du monde, la souffrance de leurs frères arrachent des larmes aux saints, dont l'intimité avec Jésus a rendu le cœur "liquide", selon l'expression du Curé d'Ars.

Mais la compassion des saints, si elle est profonde et prompte à épouser toute misère et à venir la soulager, est cependant toujours douce, paisible et confiante. Elle est un fruit de l'Esprit. Alors que notre compassion à nous est souvent inquiète et troublée. Nous avons une manière de nous impliquer dans la souffrance de l'autre qui n'est pas toujours juste, qui procède parfois plus de l'amour-propre que d'un amour véritable de l'autre.

Dieu aime ton enfant mieux que toi !

Une chose est certaine : Dieu aime infiniment plus que nous tous nos proches, et infiniment mieux. Il désire que nous croyions à cet amour, et que nous sachions aussi abandonner les êtres qui nous sont chers entre Ses mains. Et cela sera souvent beaucoup plus efficace pour les aider ! Nos frères et sœurs qui souffrent ont besoin autour d'eux de personnes paisibles, confiantes et joyeuses. Notre fausse compassion ne fait souvent qu'ajouter une tristesse à une autre, un désarroi à un autre.

J'ai souvent vu des cas où une personne est dans l'épreuve, mais elle vit mieux cette épreuve que son entourage qui s'agite et s'inquiète ! Je ne dis pas qu'il ne faille pas accompagner par une prière persévérante les personnes qui souffrent et demander leur guérison, ni faire tout ce qui est humainement et spirituellement possible pour l'obtenir. C'est un devoir de le faire, bien sûr. Mais dans un climat de paix et d'abandon confiant entre les mains de Dieu.

En toute personne qui souffre, il y a Jésus

Jésus a pris notre chair, il a réellement pris sur lui nos souffrances, et en toute personne qui souffre, il y a Jésus qui souffre : " Tout ce que vous avez fait à l'un de ces petits, c'est à Moi que vous l'avez fait " (Mt 25, 40). Ces paroles de Jésus nous appellent à nous employer de toutes nos forces à soulager la souffrance, mais aussi à porter sur elle un regard d'espérance. Dans toute souffrance, il y a un germe de vie et de résurrection, puisqu'il y a Jésus en personne.

Si, face à une personne qui souffre, nous avons cette conviction que c'est Jésus qui souffre en elle, qui, en elle, complète ce qui manque à sa Passion, pour parler comme saint Paul, comment être désespéré devant cette souffrance ? Le Christ n'est-il pas ressuscité ? Sa Passion n'est-elle pas rédemptrice ? " Ne vous affligez pas comme ceux qui sont sans espérance ! " (1Th 4, 13).

Choisir ou subir ?

Il n'est pas difficile de consentir à ce que nous percevons comme bon, gratifiant, positif. C'est plus ardu quand il s'agit de difficultés et de souffrances de tous ordres. Il ne s'agit pas de devenir passif, mais il y a bien des situations que nous ne pouvons pas maîtriser, et donc une multitude d'évènements contraires à nos prévisions, à nos aspirations, à nos désirs, qui se produisent et que nous sommes bien obligés d'accepter.

Ce qui me semble important, c'est de ne pas se contenter de les accepter en maugréant, mais d'y consentir vraiment. Non les subir, mais en certain sens les " choisir ", même si de fait il n'y a pas le choix, et c'est bien ce qui nous contrarie ! Choisir signifie ici poser un acte de notre liberté qui nous fait non seulement nous résigner, mais aussi accueillir positivement la chose. Si nous avons assez de foi en Dieu pour croire qu'il est capable de tirer un bien de tout ce qui nous arrive, il le fera.

La souffrance que je refuse me fait mal

Quand nous sommes dans une situation de souffrance, ce qui nous fait le plus mal, c'est moins la souffrance en tant que telle que notre refus de cette souffrance. À la douleur elle-même, nous ajoutons en effet un autre tourment : celui de notre refus, de notre révolte, du ressentiment, des inquiétudes que cette souffrance provoque en nous. Il y a en nous comme une tension faite de raidissement, de non-acceptation de la souffrance, qui ne fait qu'augmenter celle-ci.

Une souffrance paisible n'est plus une souffrance, disait le Curé d'Ars. Quand une douleur nous atteint, il est évidemment normal d'y remédier autant que possible. Mais il y aura toujours des souffrances sans remèdes, il convient alors de s'efforcer de les accepter paisiblement. Ce n'est pas du masochisme ou du dolorisme, c'est tout le contraire ! Dans l'adhésion à la souffrance, nous trouvons une force. L'Écriture ne parle-t-elle pas du "  pain des larmes " (Ps 80, 6) ?

Dieu est fidèle et donne toujours la force nécessaire pour assumer, jour après jour, ce qui est lourd et difficile dans notre vie. Si nous l'accueillons dans la confiance et la paix, la souffrance nous fait grandir, elle nous éduque, nous purifie, nous apprend à aimer de manière désintéressée, nous rend pauvres, humbles, doux et compatissants avec le prochain. Gardons dans notre cœur les paroles de saint Paul (2 Co 5, 17) qui nous assure que " la légère tribulation d'un instant nous prépare, jusqu'à l'excès, une masse éternelle


Père Jacques Philippe

 

 

 

mercredi, 28 novembre 2007

LA VIERGE DE L'ATTENTE

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'L Avent est un temps marial par excellence,

car Marie est Celle qui, de façon exemplaire,

a attendu et accueilli le Fil de Dieu fait homme.

 

 

  Que la Sainte Vierge nous aide

à ouvrir les Portes de notre coeur au Christ,

Rédempteur de l'homme et de l'histoire.

 

 

  Qu'elle nous enseigne à être humbles,

car le regard de Dieu se pose sur l'humble ;

 

 

  Qu'elle nous fasse comprendre toujours plus

la valeur de la prière,

du silence intérieur, de l'écoute de la Parole de Dieu  ;

 

 

 Qu'elle nous pousse à une recherche intime et sincère

de la volonté de Dieu,

même lorsque celle-ci met en crise nos projets ;

 

Quelle nous encourage  à attendre le Seigneur

en partageant notre temps et nos énergies

avec ceux qui sont dans le besoin.

 

 Mère de Dieu, Vierge de l'attente,
fais que le Dieu-qui-vient nous trouve prêts
à accueillir l'abondance de sa miséricorde.

 

 

 

 

JEAN PAUL II

 

 

 

 

 

 

 

dimanche, 25 novembre 2007

LES ENTRAILLES DU TOUT PUISSANT

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Celui que Jésus appelle "le Père" est le seul père qui n'ait jamais été fils. Il est avant tout, à l'origine de tout, et d'abord du Fils éternel et de l'Esprit Saint.
Tellement 'avant' qu'Il est forcément 'caché : "Nul ne L'a jamais fait connaître". Seul Jésus pouvait Le faire connaître, puisqu'il est son Fils unique. Le faire connaître, et Le donner, car ce Père, le sien, est désormais le nôtre. La preuve, dit st Paul, c'est que l'Esprit crie en nos coeurs :"Abba !Père !"
Le Père est. Que fait-Il ? Il donne. Tout. Garde-t-Il quelque chose ? Non. Que garderait-Il, Lui qui n'a nul besoin, étant Tout Puissant ? Donc Il donne tout. Sans rien perdre, et sans retour : "Les dons de Dieu sont définitifs." Tel est le Père : non engendré et si généreux.
C'est pourquoi St Paul l'appelle : 'Le Père des Miséricordes'.
Quand dit-on qu'un homme est miséricordieux ? Quand il se préoccupe des misérables. Devant la misère, la pitié se désole sur le misérable, la compassion souffre avec lui ; Seule la miséricorde le relève.
La miséricorde donne autant qu'il faut, sans limite. Autant dire qu'il faut être fort et très libre pour être miséricordieux... Cela sied au Tout-Puissant. Au point qu'Il se manifeste par des actes de miséricorde plutôt que par des actions d'éclats.
Ce mot -'miséricorde'- n'a pas toujours existé.. Il est apparu dans la Bible, à partir du mot Hébreu qui dit les "entrailles" féminines. C'est la Bible qui révèle que Dieu aussi a des entrailles, et même bouleversées par notre misère, jusqu'à devenir le Père du Crucifié.
La signature préférée du Père, c'est la Miséricorde. "Dieu est amour". signifie d'abord "le Père est Miséricordieux".
Qu'elle est la plus grande misère de l'homme, sa plus grande détresse ? C'est le péché !
Le péché blesse l'homme, l'écrase, l'humilie, le torture, le détruit. Et l'homme ne sait que pleurer son impuissance devant le péché qui le rend misérable.
Heureusement, rien n'est impossible au Père. Souverain, il anéantit le mal ; Miséricordieux, il pardonne nos péchés. Sans se lasser, car en nous rien ne le répugne, pas même notre lâcheté. Le Tout Puissant est d'abord  le Tout Patient.
Ainsi le Père prend son temps : sa Miséricorde se règle sur sa Sagesse. Nous devons être conscients... car nous acceptons sa Miséricorde mais nus sommes déroutés par sa Sagesse, sa façon de dominer les événements du monde et de notre vie. Le mystère du Mal, qui nous heurte tant, finit par nous rendre incurablement myopes, incapables de discerner les desseins de sa Sagesse.
Certains même se défoulent en accusant Dieu, en le niant ou en l'oubliant, alors que, aveugles, ils ignorent que sa Sagesse guide sa Miséricorde !
Immense est notre chance de connaître le Père, sa Puissance, sa Sagesse, sa Miséricorde. Et immense notre vocation : se laisser aimer par Lui, et l'aimer comme Jésus.
Fr. Jean Claude SAGNE O.P.
 

mardi, 13 novembre 2007

LA VOLONTE DE dIEU

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Celui qui fait la volonté de Dieu c’est qu’au milieu de toutes les terreurs qu’il traverse, il ne perdra jamais une ultime protection. Il sait que le fondement du monde est l’amour et que, par conséquent, même là  où aucun humain ne peut ou ne veut l’aider, il peut continuer à cheminer dans la confiance en Celui qui l’aime. Cette confiance, à laquelle l’Ecriture nous autorise et à laquelle le Seigneur, le Ressuscité, nous invite, est quelque chose de  tout à fait autre que le défi aventureux adressé à Dieu, qui voudrait faire de Lui notre serviteur.

 

 

 

 

BENOÎT XVI   (Jésus de Nazareth)

 

 

lundi, 22 octobre 2007

LA REVELATION

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Les chrétiens, les Juifs, les musulmans forment trois grandes familles religieuses qui ont en commun de croire que Dieu a parlé et se dévoile encore aux hommes, autant par ses œuvres que par certains prophètes qu’il s’est choisis. Ils disent qu’Il se révèle, qu’il s’intéresse à l’homme, qu’il est atteignable surtout par la prière.

  Pour les croyants, la foi n’est pas une simple adhésion à des affirmations apprises par cœur ; ce n’est pas avant tout un savoir, c’est une confiance, une rencontre dont Dieu prend l’initiative. En un mot, pour les juifs et les chrétiens, c’est une Alliance, pour reprendre le terme même de la Bible.   La recherche de Dieu pour les chrétiens, ne peut absolument pas se concevoir hors de Jésus Christ. Celui-ci, en effet, pour eux, est bien plus qu’un simple sage ou qu’un grand révolutionnaire : il est la Révélation de Dieu, lui qui a dit : « Celui qui me voit, voit celui qui m’a envoyé ». (Jn 12,42) « Celui qui m’a vu a vu le Père ». (Jn 14, 9)    

Extrait de THEO

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